INTERVIEWS
24/04/2012 par admin
Interview exclusive avec Mr Jean-Luc Romero
Interview exclusive avec Mr Jean-Luc Romero

22 millions de morts, 40 millions de malades infectés et un continent, l’Afrique dévasté. En 30 ans, le SIDA est devenue la plus grande catastrophe sanitaire que l’Humanité n’a jamais connue. Comment pouvez-vous évaluer la politique internationale de lutte contre le SIDA depuis sa découverte en 1981 ?


Elle était quand même rapide. Une prise en compte assez rapide de la pandémie du SIDA par les responsables internationaux et au même temps aujourd’hui il n’y a plus de leader dans le monde qui s’occupe suffisamment du sida pour mettre les moyens qu’il faudrait. Je m’explique, on a crée un fond mondial contre le sida, la tuberculose et la malaria qui a permis de faire accéder des gens de pays malheureusement qui n’avaient pas les moyens de se payer les traitements.Ca était une belle et grande nouvelle, quelque chose d’un peu nouveau internationalement. Le problème c’est que l’an dernier il y a eu 1.8 millions de personnes qui sont mortes dans le monde et que si la communauté internationale avait mi des moyens on aurait pu éviter à ces presque 2 millions de personnes de mourir, c’est-à-dire  aujourd’hui on sait qu’avec les traitements antirétroviraux on peut vivre très longtemps avec le sida ou de ne pas mourir du sida ou de mourir d’autre chose, l’espérance de vie est quasiment la même pour une personne séropositive qui est pris en charge que pour une personne séronégative et c’est quant même allusionnant en 2012 sachant que la communauté internationale était capable de se mobiliser face à la crise économique, de trouver des milliards pour sauver des banques, pour sauver des pays et qu’on est incapable de trouver des sommes qui sont dérisoires. On sait aujourd’hui qu’avec 25 milliards de dollars par an on pourrait soigner toutes les personnes qui en ont besoin et on n’arrive pas à trouver cette somme là. Je vais faire une comparaison qui n’est pas juste mais que je fais souvent. Mais au même temps quand la crise des banques on a trouvé 3000 milliards de dollars pour les banques donc vous imaginez ce que c’est que ce petit 25 milliards de dollars par an, et bien si on trouverait cette argent là, on sauverait ces 2 millions de personnes sous traitement. On sait aujourd’hui que dans 40 ans le sida peut disparaitre ce qui est fabuleux, à imaginer la merveilleuse nouvelle pendant quelques années, de savoir qu’on peut faire disparaitre le sida. Mais il faut à coté qu’on mette l’argent. Malheureusement, aujourd’hui la communauté internationale n’a plus un leader. On a eu Chirac et Lula (ancien président du Brésil) qui étaient des présidents très impliqués. Il n’y avait pas une réunion de G8, de G20 dont la quelle ils n’évoquaient pas la lutte contre le sida et malheureusement aujourd’hui on a l’impression que la lutte contre le sida, peut être à cause de la crise, est passée au second plan. Pendant ce temps là, il y a des gens qui meurent dans le sud, en Afrique particulièrement. Donc de l’optimisme parce qu’on sait donner les moyens en tout cas de mettre à jour l’accès universel à la prévention et au traitement mais au même temps on perd des années et des années et donc on laisse mourir des hommes et des femmes inutilement et je trouve ça quand même un peu scandaleux. Si vous voulez si on était même purement cynique enfin pour moi c’est totalement scandaleux d’être cynique, pour moi ce qui compte c’est la vie humaine et ces responsables devraient apprendre que quand on sauve des vies, et bien ces gens là sont des personnes qui vont travailler et qui vont créer de la richesse. Quand on voit l’Afrique du sud qui a 20% de la population qui est séropositive, qu’on voit que certains corps, des métiers comme l’enseignement, dans les mines... il n’y a plus de gens pour faire ce travail parce qu’il y a une personne sur cinq de la population adulte qui est séropositive. Alors maintenant l’Afrique du sud a mieux accès au traitement mais si tous ces gens ont accès au traitement, ils ne mourront pas, donc en plus ils seraient efficaces en terme économique donc on voit en plus que c’est un très mauvais calcul  au delà de ce qui pourrait être le plus important qui est le respect de la vie humaine et qui n’est pas normal aujourd’hui qu’on soit dans une situation où vous êtes dans les pays de nord, pays riches en gros et que vous vivez et puis si vous avez le malheur de naitre dans un pays du sud vous mourrez. C’est quant même cette situation qui est scandaleuse et par la quelle on pourrait avoir des solutions aujourd’hui.

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