INTERVIEWS
01/06/2012 par admin
interview exclusive avec Mr Jean-Luc Romero (suite partie2)
interview exclusive avec Mr Jean-Luc Romero (suite partie2)

Comment évaluez-vous la politique du gouvernement français de lutte contre le SIDA et peut-on croire à un changement radical de cette politique après les élections ?


En France, il faut être honnête, il y a d’abords une grande chance parce que toutes les personnes qui ont besoin bénéficient d’un traitement et l’accès au traitement est gratuit que se soit pour les antirétroviraux (ARV) mais aussi aux médicaments qui sont liés aux effets secondaires. Alors que dans certains pays, on vous rembourse les ARV et à coté on ne vous ne paie pas les médicaments et c’est impossible quoi. Je parlais tout à l’heure du Sénégal, j’y vais souvent et je travaille beaucoup sur la question et les gens peuvent accéder aux antirétroviraux mais pas de seconde ligne, malheureusement, ce qui veut dire qu’ils n’ont pas de médicaments à coté et c’est impossible. Quand vous avez de tels effets secondaires, vous ne les soignez pas, ce n’est plus du sida que vous mourrez mais des effets secondaires et c’est un peu terrible. Par contre ça, il faut reconnaitre en France l’accès au traitement gratuitement c’est une immense chose. Par contre ce qui est regrettable c’est qu’au niveau français qu’international, on n’a point évolué dans le combat contre le sida. Je vous ai évoqué tout à l’heure Chirac qui était un grand président, aujourd’hui il y a des préoccupations de santé publiques majeures à tel point que ça poserait certains problèmes. Je vous disais 160000 personnes vivent avec le sida en France mais on sait qu’entre 40000 et 50000 ne savent pas qu’ils sont séropositifs c'est-à-dire qu’une personne sur trois ne le sait pas et c’est quant même un vrai drame à la fois pour les personnes parce qu’elles ne le savent pas mais en plus ces personnes évidemment contaminent d’autres parce qu’en fait ces 100000 qui sont sous traitement on sait qu’ils contaminent globalement encore plus parce qu’ils ont plus de charge virale…C’est donc terrible de ne plus avoir une grande politique dans le domaine sachant qu’aujourd’hui il faut y mettre beaucoup de moyens dans le dépistage et qu’on a un plan bien écrit qui est beau sur le papier mais qu’en face, il n’y a pas les crédits pour ça. Donc on a tous les éléments écrits mais on n’a malheureusement pas les crédits. Alors en France on voit le développement du dépistage rapide notamment dans les communautés touchées, chez les personnes étrangères, les personnes homosexuelles : il y a le dépistage rapide qui se met en place, mais pour trouver les 50000 personnes qui auraient besoin d’enter dans le système de soin, il n’y a pas encore les moyens suffisants. Comme ça manque de volonté politique aujourd’hui le sida en France, on n’est pas à l’accès au soin car tout le monde peut y accéder. C’est à la fois la précarité qui concerne les malades. Pour un malade, une personne séropositive sur deux n’a pas de travail ou ne peut pas travailler c’est quant même un vari problème et de l’autre coté une discrimination. Par exemple, un séropositif qui vit sa séropositivité sur son lieu de travail (50% des séropositifs qui disent leur séropositivité sur leur lieu de travail sont virés dont les 6 mois qui suivent ce qui est assez révélateur de la situation). Des méconnaissances qu’il y a au tour de la maladie et le petit tabou qui reste. Donc ça nécessite une vraie volonté politique et très clairement avec le gouvernement actuel cette volonté n’existe pas et c’est pour ça un des enjeux des élections présidentielles est globalement au tour de la santé, qui est notre occupation parce que comme je vous disais tout à l’heure que le VIH on a l’impression qu’on s’adapte plus aux malades qu’à la maladie. En France, on a l’impression aussi que le but s’est de faire des économies et les économies sont souvent des personnes malades. Dans notre pays, on a 9 millions de personnes qui vivent des pathologies de longues durées : des cancers, des maladies graves, Sida… Sur 63 millions d’habitants et c’est énorme. Et on a l’impression que le but du gouvernement c’est de faire des économies sur ces personnes là, alors que pour moi dans une société, la solidarité c’est d’abord de s’occuper des personnes qui sont les plus vulnérables et donc les plus malades et malheureusement là ces dernières années on a crée un tas de systèmes qui font qu’on rembourse de mains en mains les personnes qui sont malades, les franchises médicales notamment les remboursements de médicaments, les forfaits hospitaliers qui augmentent. Et aujourd’hui pour certaines personnes ça va devenir dans un pays où on avait un système de soin que tout le monde admirait, presque un luxe de pouvoir se soigner et c’est pour ça que l’enjeu de ces élections est important parce qu’on voit bien qu’entre le gouvernement sortant et une partie de l’opposition il ya une autre perception de la santé et notamment d’accès à la santé pour les personnes les plus vulnérables et les plus pauvres. Et en France c’est un enjeu très important de ces élections là.

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