INTERVIEWS
12/03/2012 par admin
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (suite partie1)
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (suite partie1)

2-Dans votre travail, il y a une part importante de recherche ? Quels sont les axes de recherche qui vous intéressent le plus ?

La recherche universitaire que je menais me fascinait et mobilisait tout mon temps et mon énergie. Cette recherche appliquée a beaucoup compté pour moi : l’écophysiologie des arbres forestiers, la mesure de la photosynthèse, des activités enzymatiques et des échanges gazeux in situ, la mesure de métabolites, le fonctionnement des écosystèmes terrestres, les flux et bilans écosystémiques. J’ai décortiqué un grand nombre de processus physiologiques, depuis les échanges cationiques au niveau cellulaire, l’ouverture stomatique, la croissance et le développement végétal et la phénologie, jusqu’aux bilans de carbone dans une grande diversité d’écosystèmes : des forêts de tous types et des milieux agricoles, à l’échelle de la parcelle d’expérimentation et à l’échelle régionale.

Je vois et lis peu d’avancées scientifiques (majeures) dans ces domaines depuis que j’ai quitté la recherche. Les forêts tempérées captent toujours de 4 à 6 tonnes de carbone par ha et par an (selon les espèces) et une culture de betterave peut toujours stocker près de 8 tonnes de carbone sur une période de culture. Ne pensez pas que j’ai perdu le contact avec la recherche scientifique une fois passé hors du milieu académique. J’évalue par année la qualité d’une bonne quarantaine de projets de recherche pour des bailleurs publics.

On en savait déjà assez fin du siècle passé pour prendre les nécessaires décisions qui s’imposaient et alléger notre empreinte environnementale. Oserais-je dénoncer ici le « principe de précaution » qui commande toujours plus de recherche pour réduire les incertitudes ? J’en ai vécu ! Mais la recherche expérimentale n’est-elle pas basée sur la statistique et la mesure de l’incertitude ? Ce faisant, toutefois, on diffère la nécessaire prise de décision et on ne cesse d’accroître limportance des efforts à réaliser. Des occasions manquées. Des surcoûts. Des risques accrus.

Vous ne me ferez pas dire qu’il est trop tard. Les grandes décisions internationales relèvent de processus complexes et peuvent fournir un cadre d’actions efficaces. Voyez le succès du Protocole de Montréal relatif aux substances appauvrissant la couche d’ozone.

On se préoccupe de l’environnement depuis une quarantaine d’années, depuis la prise de conscience des « Limites à la croissance » du Club de Rome suivie de la Conférence des Nations Unies de Stockholm en 1972. On peaufine le développement durable depuis le Rapport Brundtland en 1987 et la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement durable, mieux connu sous le nom du Sommet de la Terre de Rio en 1992. Le Sommet de la Terre de Rio fut pour moi le déclencheur de mes engagements. Je connais peu de participants à cet événement qui en soient revenus inchangés. L’action internationale va son pas.

Ce n’est pas pour retracer l’histoire que je cite ces jalons. Rio+20 c’est en juin 2012 ! Combien de tranches de vie de 20 ans y a-t-il dans une carrière professionnelle active ?

Pour ma part, j’envisage la mise en œuvre du développement durable par des actions porteuses de sens à l’échelle humaine : l’application de résultats de recherches pour une meilleure gestion de l’environnement, des choix de technologies environnementales, des options en énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le tertiaire, le transport, l’industrie, la création et commercialisation de produits et services, la réduction de la production de déchets, la meilleure utilisation des matières premières, la réutilisation et valorisation des produits en fin de vie, la construction durable…

Je tiens enfin à préciser ce que j’entends par une meilleure gestion de l’environnement. Un monde idéal pour moi serait un monde où chacun apporte sa contribution à un projet qui fait sens pour tous. Et donc une meilleure gestion de l’environnement, c’est réduire les gaspillages de temps, d’énergie, de ressources, d’argent,… de vie.

                                                  ©2012 TOUS DROITS RÉSERVÉS

NEWSLETTER

Entrez votre courriel pour vous joindre à notre liste de diffusion !

VIDEO ZAPPING

PLUS DE VIDEO

SONDAGE

Installer un r?acteur nucl?aire en Tunisie

Pour

Contre

Résultats