INTERVIEWS
18/03/2012 par admin
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie3)
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie3)

5-Que pensez-vous quand à l'avenir des éco-constructions dans le monde? Est-ce qu'elles peuvent constituer un moyen efficace pour réduire considérablement la consommation d'énergie à travers le globe?  

L’éco-construction est très tendance, actuellement en Europe, soutenue par une communication massive. C’est volontairement que j’insiste sur deux points : La tendance au sens de la mode… Comprenez donc aussi qu’une mode est fragile par définition passagère et La communication massive… Nécessaire pour encourager la prise de décision à un stage précoce de développement.

J’ai compris, au cours d’une de mes très intéressantes missions, dont une en Tunisie, que mes interlocuteurs (des grands professionnels du secteur inondés d’informations provenant de l’Internet) imaginaient l’écoconstruction comme LE ‘standard’ européen. Il n’en est rien. On en parle beaucoup, mais seuls les ‘adopteurs précoces’ mettent en œuvre des amorces sur le marché.

L’écoconstruction et efficience énergétique sont fortement liées en Europe, pour de nombreuses raisons : notre dépendance énergétique, le taux de croissance alarmant de nos consommations d’énergie privée, le prix de l’énergie, la part grandissante de l’énergie dans le budget des ménages, le secteur du bâtiment, sans doute le secteur bénéficiant le plus d’incitants et de subsides public,…

En Tunisie aussi, les défis énergétiques sont importants. J’ai souvenir de journées étouffantes en Août 2010 pendant Ramadan avec 48°C où la consommation électrique a atteint 100% du potentiel de production tunisien. Le black out évité de justesse. Je dissocie toutefois l’écoconstruction et l’énergie dans le bâtiment dans l’analyse pour les différentes régions du monde. L’écoconstruction doit trouver son ancrage dans des motivations profondes, qui font sens localement. On ne devrait toutefois pas évoquer l’écoconstruction hors du simple bon sens. Et pourtant, la gabegie et l’inadéquation dominent dans le secteur de la construction. Même s’il est difficile aux professionnels de le reconnaître.

A défaut de pouvoir le démontrer dans cet interview, je vous propose une réflexion par l’absurde sur l’accessibilité des constructions pour les handicapés. Une autre bouteille à ancre. En considérant que la construction est par essence destinée à l’homme, elle souligne toutefois et ‘met en évidence’ des handicaps humains. Le ‘handicap’ physique ne fait-il pas partie de toute existence ? A des degrés divers, certes, l’enfant qui se déplace à quatre pattes, une jambe cassée, un retour d’hospitalisation, une chaise roulante et la vieillesse qui limite notre accessibilité aux baignoires, douches, escaliers, les portes qui font obstacle… C’est notre lot à tous. Il n’est pas besoin de détailler plus avant comment nos constructions sont inadaptées à une réduction de mobilité ou aux handicaps lourds, durables ou profonds de la vie. Regardez un plan incliné qui vous donne accès à un bâtiment public ? C’est une obligation légale. Essayez maintenant de franchir ces rampes vous même, bien portant en chaise roulante ! A moins d’être un ‘Rambo’ vous éprouverez des difficultés.

Vous comprenez, par l’exemple ci-dessus, que le bâtiment ne répond pas aux besoins et aux attentes de l’homme. Faire ce constat est un premier pas. Le second est donc d’identifier un élément moteur du changement. Dans ce contexte, je trouve que le prix de l’énergie et la limitation du gaspillage d’énergie parlent suffisamment au porte monnaie de l’européen pour amorcer le changement et l’encourager à réfléchir et agir différemment. Dans nos pays, pour inciter à construire plus rationnellement, il s’agira donc de ‘construire plus efficacement’ pour se protéger du froid. En Tunisie, il pourrait s’agir de mieux construire pour se protéger de la chaleur par exemple, sans recourir à la solution de facilité qui consisterait à mettre une climatisation énergivore partout, synonyme des ‘sociétés dites avancées’. Dans d’autre pays encore, il pourrait s’agir de se passer de tôles pour les toitures qui transforment des habitations en four et mettent les économies sous perfusion des matériaux d’importation en les remplaçant par des matériaux locaux, dont la terre ou la pierre. Ces matériaux sont très accessibles localement, mais leur usage a été délaissé, au profit d’autres pour plus de ‘modernité’…

NEWSLETTER

Entrez votre courriel pour vous joindre à notre liste de diffusion !

VIDEO ZAPPING

PLUS DE VIDEO

SONDAGE

Installer un r?acteur nucl?aire en Tunisie

Pour

Contre

Résultats