INTERVIEWS
23/03/2012 par admin
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie4)
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie4)

Et aussi, au cours de cette mission, j’ai eu la chance, Inch Allah, de rencontrer le Docteur Ben Miled (Polyclinique Taoufik) et de visiter le Groupement de Développement Agricole (GDA) de Sidi Amor (http://www.sidi-amor.org/) (Ariana). J’ai apprécié la douceur de l’accueil tunisien, abordé la culture et l’histoire tunisiennes grâce à mon ami pharmacien Kadhem Mzoughi, goûté l’érudition et la sagesse des ‘anciens’, admiré le dynamisme, la volonté et la prise en main des ‘jeunes’ du GDA dont la qualité d’écoute et la gentillesse m’émeut encore maintenant, tout autant que l’ardeur et la créativité au travail. Je garde depuis de très fréquents contacts avec le GDA qui je pense abrite une Madrasah – jamais évoquée par discrétion tunisienne. J’accompagne les initiateurs et participants du GDA de mon mieux dans ce que j’appelle en tant qu’expert européen un projet d’agenda 21 local intégré, dans lequel l’écoconstruction et la formation à l’écoconstruction sont une pierre angulaire. Pour tous les membres du GDA, ce projet est ‘LEUR’ raison d’exister. Et c’est ce qui me touche profondément et motive mon soutien et quelques micro-actions de ma part.

Vous imaginez la suite, ces attaches avec des Tunisiens, s’élargissent ‘à la tunisienne’, via-via des relais français et tunisiens que je rencontre à Paris, une cohorte de jeunes étudiants de l’ENAU de Sidi Bou Saïd en stage de ‘Construction en briques de terre comprimées en 2011’ qui sera suivi, Inch Allah et je l’espère, d’un stage de ‘Construction en briques de terre crue avec la technique de voûte nubienne’ cet été. Vive cette jeunesse et les contacts que j’entretiens avec eux via FaceBook ! Je souhaite un franc succès au centre de formation à l’écoconstruction de Sidi Amor.

De l’écoconstruction à la tunisienne ? Évidemment. C’est l’énergie humaine qui anime ce projet et non les économies d’énergie dans le bâtiment. La qualité et l’aboutissement de la réflexion sous-jacente font une épure de ce projet de développement intégré. C’est une projet tellement beau et riche en humanisme qu’il semble naturel et évident. Et pourtant, regardez autour ce vous. Peu de projet abordent le développement local sous autant de facettes.

De l’écoconstruction pour les pays du Sahel ? En quelques mots enfin. J’entretiens de très bonnes relations avec l’Association la Voûte nubienne (http://www.lavoutenubienne.org) qui se consacre à un projet de développement durable au Burkina, Mali et Sénégal. L’objectif est de passer de 1.000 réalisations au cours de ces dix dernières années, à 100.000 voûtes nubiennes pour 1.000.000 de bénéficiaires à l'horizon 2020.... dont 5.000 constructions en briques de terre crue pour 2016. Le constat de base est le suivant : les populations locales se ruinent à acheter des tôles pour réaliser leurs toitures, qui donnent des couvertures de qualité (très) médiocre, non durable et coûteuse. Les toits de tôles sont inconfortables (absence d’isolation thermique et acoustique du bâtiment, perte d’usage des toits terrasses), dangereux (mauvaise résistance aux vents et pluies) et non durables (taux de remplacement des tôles entre 5 et 7 ans). Enfin, l’achat de matériaux d’importation est incohérent avec des économies locales majoritairement informelles, et se fait au dépens des budgets d’alimentation, de santé et d’éducation de la population. L’habitat actuel dessert donc et entrave un développement local durable.

La construction en terre est accessible économiquement, apporte un grand confort thermique apprécié par tout qui a séjourné dans ces pays dans ce type d’habitation et permet un développement socio-économique local avec une méthode d’amorce de marché appropriée. Le constat de l’adéquation de la construction en terre vis-a-vis des besoins de la population est évident. Mais l’approche du marché doit être structurée en vue de généraliser la technique constructive. Et cela suppose des analyses et approches stratégiques détaillées.

Ces deux derniers exemples : le GDA Sidi Amor et l’Association la Voûte nubienne illustrent ce qui motive et anime mon travail. D’une part la diversité et la complexité des composantes du projet de développement intégré du GDA Sidi Amor et d’autre part une action de masse sur le marché de la construction au Sahel. Dans ce second exemple, il s’agit simplement pour moi d’apporter une pierre à l’édifice et de transférer certains pans de mon savoir-faire en gestion de projets que Thomas Granier, un maçon français, et Seri Youlou, un cultivateur burkinabe conduisent maintenant avec une poignée de jeunes coopérants dynamiques. La profondeur de l’engagement humain à Sidi Amor et le nombre de bénéficiaires de l’action au Burkina, Mali et Sénégal font sens, de mon point de vue.

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