INTERVIEWS
24/03/2012 par admin
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie4 suite)
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie4 suite)

7- Comment jugez-vous les efforts fournis en matière d'éco-innovation? D’un point de vue économique, social et environnemental : des opportunités d’affaires manquées, une réticence (viscérale) au changement et une prise de décision trop lente, parfois mal éclairée : plus une prise de décision contrainte qu’une prise de décision pro active et des actions insuffisantes et un environnement qui se dégrade. Les outils politiques et les voies et moyens sont disponibles. En Janvier 2004, la Commission européenne lançait ETAP (Environmental Technology Action Plan) (http://ec.europa.eu/environment/etap/index_fr.html) un plan d'action pour stimuler le développement et l'utilisation des technologies environnementales et l’éco-innovation. Ce plan d'action vise à supprimer les obstacles financiers, économiques et institutionnelles pour le développement de technologies respectueuses de l'environnement. La Commission considère ce plan comme un pont entre la stratégie de l'Union européenne en matière de développement durable et l'Agenda de Lisbonne, deux piliers de la politique européenne. L’échec de l’Agenda de Lisbonne a été reconnu par la Commission. La stratégie de ETAP a été confirmée et reformulée. ETAP, cet autre outil de politique européenne aurait pu faciliter le marché et le développement de notre société. Le Plan existe. Le Plan est cohérent et bien pensé. Il s’avère mal ou insuffisamment utilisé. Et je constate, regrette et dénonce aussi les opportunités manquées. On parlait en Europe de créer des milliers d’emplois verts. Maintenant, on espère sauver des milliers d’emplois selon un « business as usual », à la faveur d’une hypothétique conversion de notre économie, dont je ne vois pas encore l’amorce, alors que la progression du chômage est dramatique dans nombreux pays de l’Union. D’autres, aux Etats-Unis, au Brésil, en Chine et en Inde ont déjà pris des parts de marché significatives dans les technologies environnementales. A ce stade de l’interview, vous avez probablement perçu mon côté ‘instinctif’. Je vous disais « Le sommet de la terre de Rio fut pour moi le déclencheur de mes engagements ». Rio c’est 20 ans déjà. J’étais donc, plus jeune, plus enthousiaste, plus débordant d’énergie à l’époque (sans doute ?). En tant qu’instinctif, je fais partie de la catégorie d’acteurs que les ‘marqueteurs’ appellent les adopteurs précoces. Et comme je suis ‘entier’, mon métier est aussi mon existence quotidienne : j’adopte dans ma vie quotidienne les conclusions de mon travail. J’en donne EnerGîte pour preuve : un bâtiment de ferme de 1751 réhabilité en 2001 pour l’accueil touristique en « bâtiment basse consommation » selon les standards énergétiques applicables en Belgique en 2011. Avec le recul toutefois, je prends conscience maintenant qu’il est très difficile de transformer l’évidence de pensées en actions, qu’il est plus difficile encore d’en faire un projet de développement collectif avec une vision partagée. Ni la simple ‘évidence’ ou le ‘bon sens’, ni la ‘force de la preuve’ - même avec une démonstration scientifique à la clé -, suffisent à la prise d’actions, individuelle ou collective. Voyez par exemple le parcours de la Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments. Malgré un contexte économique ‘très favorable’ à l’incitation au changement avec des prix records de l’énergie qui font la une quasi quotidienne des journaux, il a fallut 2 ans de discussions et de travail (2000-2002) au niveau de la Commission européenne pour adopter une proposition de texte de six pages, fixant la date butoir de transposition pour les États membres au 4 janvier 2006. Ce texte fut transposé et est entré en force en juillet 2011, soit plus de 9 années plus tard et plus de 5 années de retard sur l’agenda prévu en Wallonie. Neuf années donc pour convaincre (patiemment) les professionnels de la construction wallons et transformer un principe de ‘bon sens’ sur papier, du format contraignant européen (une directive) dans un format légal pour la région où je vis (un Décret). Et au cours de ces neufs années, seulement quelques réalisationsd’adopteurs précoces’ (quelques dizaines au plus), alors que 11.000 permis de construire sont délivrés par an en Région wallonne. Au cours de ces dix années, la facture énergétique des ménages et les émissions de CO2 ont progressé de 30% ! La vision partagée est un facteur indispensable au changement. Pour illustrer d’une autre manière les freins au changement par les écotechnologies, je ne résiste pas au plaisir de vous rapporter le buzz sur Internet qui s’ensuit d’une large étude sur l’acceptation des éoliennes par mes concitoyens rn Wallonie. « J’ai appris par mon journal préféré que 93% des wallons étaient favorables aux éoliennes. Alors, je le demande solennellement aux autorités : Pourquoi faites-vous exprès d’implanter 100% de ces moulins à vent juste derrière les maisons des seuls 7% de wallons qui n’en veulent pas ? Hein, pourquoi ? Géry Eykerman» (entre autres http://www.eo-lien.be). Les éoliennes ne sont certes plus a considérer comme des éco-innovations. Elles sont toutefois pour une grande majorité de nos concitoyens symboliques du ‘mouvement’ pour le développement des énergies renouvelables et des sources d’énergies alternatives.

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