INTERVIEWS
08/04/2012 par admin
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie5/1)
Interview exclusive avec Mr Eric Laitat (partie5/1)

8- Le réchauffement planétaire et le danger nucléaire constituent sans doute des dangers majeurs pour l'avenir de l'Homme. Que pensez-vous de ce point?


La gestion de l’environnement est un mouvement pendulaire. Elle résulte de navettes entre citoyens et décideurs. Les premiers réclament un plus grand respect de leur environnement. Les seconds édictent des lois en soutien de leur politique. À charge des premiers de les suivre pour répondre aux attentes initialement formulées. À charge des seconds d’être réceptifs à la formulation des nouvelles attentes et de mesurer l’efficacité et l’efficience des politiques.

L’origine humaine du changement climatique actuel est maintenant établie de façon indiscutable par les scientifiques. Les seuls débats qui subsistent ne sont pas d’ordre scientifique. Mais même un tel faisceaux de preuves scientifiques convergentes ne suffit pas à convaincre des actions à mener. Grâce au Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Climat (GIEC) c’est à la fois un fait scientifique et une réalité politique négociée qui détermine nos relations à l’énergie, dans l’ordre : 1- Réduire nos émissions de gaz à effet de serre et les gaspillages d’énergie, 2- Oser la question de la plus-value pour le bien-être et 3- Viser l’efficience environnementale.

Même si les négociations font du sur-place, les objectifs politiques sont simples, clairs et cohérents jusqu’à un horizon perceptible 2012, 2020 et 2050 pour toute Action actuelle : « Nos émissions de gaz à effet de serre doivent s’infléchir très fortement à la baisse ».

Ce n’est pas nier les « autres sources » du changement que l’on observe. C’est simplement reconnaître que notre contribution humaine est significative et c’est reconnaître que certaines de nos Actions doivent être évitées. Ceci ne coupe pas court aux discussions sur les mesures à prendre pour viser la/les bonne(s) cible(s), car le taux d’élévation du CO2 par unité de temps constitue une menace sérieuse pour nos économies et nos sociétés. Les négociations se poursuivent à leur pas : je constate et regrette la faiblesse et la lenteurs des progrès à Copenhague et Durban. Il ne suffit pas de plaider une « évidence » pour dégager une « vision de développement stratégique partagée par tous ».

Le nucléaire, source d’électricité abondante, représente une épopée de moins d'un siècle: pour partir de la connaissance fondamentale à des applications industrielles. C’est de la R&D efficace et efficiente. On considère maintenant ne plus pouvoir se passer de l'énergie produite. Je me souviens, dans les années 1970-1980 en Belgique, où l’on déclarait éclairer nos autoroutes la nuit « pour faire quelque chose de l'électricité produite par notre nucléaire ». Du 26 avril 1986 à Tchernobyl à ce 11 mars à Fukushima, un an bientôt, on n’a pas tiré les leçons de ces catastrophes qui laissent des traces indélébiles sur notre environnement, détruisent et affectent les populations pour plusieurs décennies (voire des siècles).

Le débat sur le nucléaire revêt des relents émotionnels considérables dans la société civile et chez les profanes, dont je suis. Mon propos n’est donc ni rationnel, ni clair, voire éclairé. Il illustre le pouvoir de la Décision dans le passage à l’Action. Regardons un bref instant deux situations contrastées, en France et en Allemagne :

1-d'une part, un État où la prise de décision centralisé adopte le nucléaire pour asseoir une indépendance énergétique (de façade)

2-d'autre part un État fédéral, où la prise de décision au niveau des Länders encourage le débat citoyen et raye d’un trait de crayon le recours au nucléaire

L’électricité est peu chère en France, comparativement aux autres pays. Il n’en est pas moins vrai que les ménages peinent à payer des factures d’électricité exorbitantes compte tenu du niveau d’isolation général des bâtiments. Et au plus fort des rigueur hivernales, la France importe l’électricité d’Allemagne. L’Allemagne, qui mène une politique de prix de l’énergie chère, dispose d’un bâti nettement plus performant du point de vue énergétique et la facture d’énergie des ménage reste à un niveau acceptable.

Les calculs de probabilité sur les risques nucléaires – qui se sont avérés être des catastrophes majeures en quelques 40 années d’exploitation industrielle -, sont risibles. Ce ne sont plus des probabilités d’accidents. Ce sont des certitudes de catastrophes !

Quelques coups de projecteurs sur des situations bien complexes. Tellement complexes qu’elles pourraient échapper à un débat démocratique ? 

 


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